Published On: ven, déc 16th, 2011

[TEST]Rayman Origins

Blazé par un marché saturé à cause de l’apparition de titres grand public en tout point identiques, n’apportant aucune fraicheur, se plongeant dans un marasme de redondance guerrière aux artifices esthétiques poussés, mais au gameplay tous plus similaire les uns que les autres, le joueur que je suis ne finit pas de se fondre dans l’alternative des titres inaccessibles aux yeux de la masse, tant la notion d’un gameplay enjoué autour de l’amusement immédiat, mais riche et complexe, aux multiples surprises, dégageant une profondeur indéniable, appartient au passé et disparait peu à peu au profit la sainte monnaie, causant multiples titres réchauffés.

Je n’ai pas honte de l’affirmer, alors qu’un grand généraliste traite une certaine catégorie de joueurs exigeants de fanatiques décérébrés n’ayant rien compris à la vie (certes, leurs propos sont plus soutenues mais évoquent tout de même cette idée), je veux du jeu vidéo qui donne dans des univers irréalistes, aux fonctionnements éprouvés et réglés au summum de la perfection et non de la pseudo-simulation rébarbative. Je veux m’évader, prendre du plaisir immédiatement et avoir du fil à retordre lors de mon aventure, tel est ma vision de ce média. Si je veux aller au front ou me faire chier à piloter une caisse de Jacky, autant y aller à fond en le faisant réellement. M’enfin bref, il parait qu’il en faut pour tout le monde. Et par un miracle divin, en cette fin d’année 2011, la réjouissance d’un genre totalement perdu me réconforte dans ma propre conception du jeu tel que je l’ai connu et que j’apprécie en tant que tel. Car oui, il existe des titres projetants une certaine magie, produisant, chez celui qui la perçoit, un certain bien être et un éblouissement marquant, au plus profond de la pensée et de la mémoire du joueur. Non mes amis, le jeu de plateforme et la 2D ne sont pas morts et n’ont pas dit leur dernier mot, bien au contraire…

La providence nous arrive d’un studio français, bien de chez nous, au passé élogieux (bien que discutable, également…) et à l’expérience dans la matière qui est sans contestation possible. Ubisoft Montpellier, avec à sa tête Michel Ancel, ont lancé une franchise qui c’est, certes, perdue dans les limbes de la « médiocrité » -au fur et à mesure des épisodes- et du « mainstream » avec les épisodes de ses lapins plus que crétins, mais qui feront date dans le microcosme des jeux de plateformes inventif. Rayman, premier du nom, s’immisça au sein des ténors du genre que sont Mario, Sonic et autres Donkey Kong Country. Le tout brillamment, avec un « level design » chiadé, une reprise de mécanismes des hits auparavant énoncés mais brillamment reproduit, tout en ajoutant une dose de difficulté très appréciable pour ceux qui souhaitent retourner le jeu dans tous les sens. Ce n’est que près de 15 années plus tard que nous avons l’honneur de poser nos mains sur la digne suite spirituelle des aventures de ce personnage sans membres intermédiaires (je fais l’impasse sur le second et troisième volet). Rayman est enfin de retour pour le plus grand plaisir des petits et des grands (NDLR: surtout des grands), une apparition semblable aux anciens longs métrages de Disney produit en animation classique à l’aide de cellulos.

Je m’égare, mais je ne suis pas pour autant loin de la réalité et l’on sent, dès l’ouverture de la boite du jeu, un amour du travail traditionnel fait avec attention. Jugez par vous-même, qu’elle fut ma surprise lors du déballage de ce titre, lorsque je découvris une lithographie jaillir du package de la version collector, annonçant littéralement la couleur. C’est bien pensé, ça créé l’effet escompté en jouant sur l’aspect nostalgique du joueur trentenaire qui retombe aussi tôt dans son enfance colorée à l’humour risible, mais innocent. On en oublierait presque le CD de la bande-son originale qui soit dite en passant, est un plaisir en terme de sonorité, mais nous y reviendrons plus tard. Ça sent presque les bonbons, la guimauve et le Nutella déposé sur une crêpe chaude distribuée lors du gouter du mercredi après-midi, dégustant le tout devant les programmes jeunesses de l’époque (Ha! Dorothée !)…

On essuie sa petite larme qui perle le long de sa joue en se souvenant du passé et l’on insère le DVD dans sa console avec ses doigts qui ne sont plus petits et aussi boudinés que par le passé. Ainsi donc, nous découvrons une introduction amenant un scénario qui semble être écrit sur un timbre-poste. Toutefois, est-ce bien nécessaire tant cette intro nous annonce ce qui va suivre, d’une manière proche d’un cartoon de la Warner Bros ou d’un dessin animé Nickelodeon. On va se marrer, en y prenant part !

Et on s’en paye une tranche sur près de 60 niveaux répartis sur 6 mondes, aux thématiques différentes, le tout dans une ambiance cartoonesque dès plus réussis. Des couleurs pastelles chatoyantes, des animations détaillées et humoristiques rappellent fortement cet univers complètement loufoque de l’âge d’or des dessins animés (la notre, bien sur). Dès les premiers stages, cette ambiance est omniprésente et ne manquera point de vous ébahir tant le souci du détail est bel et bien là. On retrouve une partie de la magie Nintendo sans en être pour autant puisqu’il n’est pas développé par le géant japonais. Cependant, c’est un fait, on retourne 20 ans en arrière sur Super Nintendo, à l’époque des Super Mario World et autre Yoshi’s Island qui nous avaient éblouis par leurs graphismes et leurs techniques. Transposez tout ceci sur une plateforme plus puissante avec les possibilités d’aujourd’hui et nous avons là un titre dans la continuité de ces hits ! Une réalisation aux petits oignons, exemplaire, qui en détrônerait presque ceux qui ont donné les lettres de noblesse au genre. Une technique à se damner sur un jeu en 2D, tant les étapes d’animations de Rayman et de ses comparses sont détaillées et magnifiquement drôles.

Rayman Origins officie aussi bien dans son « level design » extrêmement plaisant et qui s’avère loin du carcan classique du jeu de plateformes avec des situations non-conformistes (courir le long d’une pente montagneuse) avec des phases empruntés du « shooting-game » à dos de moustique. Juste épique et rafraichissant ! Ce n’est sans parler de son gameplay riche et abouti tant les possibilités sont grandes, même s’il reproduit la plupart des innovations des jeux d’antan. Cependant, il se l’approprie merveilleusement, tant et si bien que l’on découvre un condensé de tout ce qui c’est fait de mieux dans le monde du « plateforming ». Sauter, planer, nager, courir, frapper, Rayman sait tout faire dans l’allégresse la plus totale et en répondant au doigt et à l’oeil de celui qui le guide. Ajoutez à cela, la possibilité de jouer en coop à 4 joueurs sur le même écran pour des parties de folie, amplement jouable et ce garantie. Du tout bon…

Malgré l’énumération de tous ces points positifs, Rayman Origins comporte tout de même un défaut de taille, si ce n’est le seul élément gênant qui vient entacher cette débauche d’encensements passionnés. Défi qui peut s’avérer intéressent, pour les personnes étrangères aux particularités de ce genre, appartenant presque à la genèse du domaine vidéoludique, il le sera beaucoup moins pour le joueur invétéré. La progression peut s’effectuer d’une traite avec une facilité déconcertante pour les routards du pad, les secrets et autres stages bonus se découvrent et s’enchainent aisément du moment que l’on maitrise un mécanisme rodé depuis la nuit des temps. Pas de système de vie ni de continue, mais une réapparition incessante et constante jusqu’à la venue d’une aide, en cas de blocage prononcé, vous octroyant le droit de passage d’un stage qui peut s’avérer déconcertant et refréner le plaisir. Mais bien entendu, nous passerons outre cette aide malvenue, afin d’en tirer une expérience dès plus plaisante.

Enfin, le point qualitatif indéniable de ce jeu est sans conteste sa bande-son, remarquablement entrainante et comportant une partie lyrique aux instruments non conventionnels, jusqu’ici inutilisés dans la plupart des jeux. C’est fort original et en totale concordance avec les thématiques abordées dans chaque monde, un délire poussé à son paroxysme, afin de coller à l’ambiance et à l’humour bête et méchant, se retrouve jusqu’à la pointe de chaque notes. Du travail d’orfèvre délivré par la prestation d’ un orchestre philharmonique qui nous gratifie d’une performance inédite. Je vous laisse en juger par vous même avec ce court extrait :

Au risque de me répéter, Rayman Origins est sans nul doute LE jeu Nintendo de l’année sans en être une production et détrônerait presque les titres de la firme japonaise qui excelle pourtant dans ce domaine. Néanmoins, il est fort regrettable que ce hit ne parvienne pas à se frayer une place parmi les Call Of Duty et autres Battlefield du moment en terme de ventes, car il le mérite amplement de par le travail fourni du studio français qui nous gratifie la d’un retour aux sources global, de son personnage et de son univers, du jeu de plateforme en général et d’un gameplay plaisant à la satisfaction immédiate presque oubliée à tout jamais… Des valeurs perdues face au tout guerrier qui se révèle presque aussi, si ce n’est plus, puérile que ce genre de titre. A ranger aux côtés de Kirby au fil de l’aventure et de Donkey Kong Country Returns… Un petit peu d’innocence, ça fait du bien bordel…

Disponible sur Xbox 360, Playstation 3 et Nintendo Wii.

About the Author

-

Leave a comment

XHTML: You can use these html tags: <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>